MADE IN CATELLAND


Since 2015, I have been leading a project called Les Supporters de Galeries (Gallery Supporters), a multifaceted and versatile project combining drawings, performances and spin-off products, linking the unforgiving markets of art and football.

I like to personify fanatical and noisy supporters of large galleries in prestigious art institutions. I never ask the galleries for their permission, of course. You're either a hooligan or you aren't! I sing songs in their honour, clap my hands loudly and brandish scarves woven in their names.

It was those scarves that set everything in motion. A year after I declared my love for the Perrotin gallery at Maurizio Cattelan's Not Afraid of Love exhibition at the Monnaie de Paris, I was surprised to come across a beautiful collection of supporters' scarves celebrating prominent cultural institutions, freshly produced by the famous Italian artist.

Being copied by such a renowned artist is, I must say, quite flattering. Given that Cattelan sees copying as both "blasphemy" and "recognition", I take it in a way as a tribute.

A brand has been created to market these scarves, as well as a promotional Instagram account with the same name: MADE IN CATELAND. Not a bad idea. It's even quite funny!

There's a mistake in my middle name, which came to me from my grandmother's neighbour's daughter, a family of Bretons very proud of their roots, who insisted that my parents use it in memory of family origins. This was a kind of Celtic nostalgia that no one shared at home. KATELL. That's how you spell it, if you're a purist of the Breton language. It became CATEL for me, a very uncommon spelling and much less exotic. 

And if I add "-land" to Catel, it becomes: CATELLAND. Chance and family neuroses sometimes lead to happy outcomes.

What were the chances that I, Aurore Catel Le Duc, a young artist struggling to get by and working mainly on the fake and the copy, would be plagiarised by a world-renowned artist also working on the copy and with a name so similar to mine?

So I decided to create my own Instagram account, MADE IN CATELLAND, faithful copy of my plagiarist's account. I redid, in my own way, the 246 photos that appear there, thus copying a copy. 

Depuis 2015, je mène un projet intitulé les Supporters de Galeries, proposition protéiforme mêlant dessins, performances et produits dérivés faisant les liens entre marché de l’art et football, deux univers impitoyables.

J’aime à incarner des supporters fanatiques et bruyants de grandes galeries dans des institutions artistiques prestigieuses. Je ne leur demande jamais leur autorisation, bien entendu. On est un hooligan où on ne l’est pas ! Je chante des hymnes à leur gloire, je frappe violemment dans mes mains et brandis des écharpes tissées à leurs noms. Ce sont ces écharpes qui ont tout déclenchées.

Un an après avoir manifesté mon amour pour la galerie Perrotin lors de l’exposition Not Affraid of Love de Maurizio Cattelan à la Monnaie de Paris, j’eu la surprise de tomber par hasard sur une belle collection d’écharpes de supporters célébrant d’éminentes institutions culturelles, fraîchement produites par le célèbre artiste italien.

Se faire copier par un artiste aussi reconnu est, je dois le dire, assez flatteur. Pour lui qui voit la copie à la fois comme un « blasphème » et une « reconnaissance », c’est en quelque sorte un hommage qu’il me rend.

Une marque à été crée pour commercialiser ces écharpes, ainsi qu’un compte Instagram promotionnel portant le même nom : MADE IN CATTELAND. C’est pas mal trouvé. C’est même assez drôle.

Il y a une faute à mon deuxième prénom. C’était celui de la fille de la voisine de ma grand-mère, des bretons très fiers de leurs racines et il à été imposé par celle-ci à mes parents, en souvenir des origines familiales. Une sorte de nostalgie celtique que personne ne partageait à la maison.

KATELL. Voilà comment ça s’écrit, quand on est un puriste de la langue bretonne. C’est devenu CATEL pour moi, orthographe très peu répandu et beaucoup moins exotique. Et si je rajoute «-land» à Catel, ça fait : CATELLAND. Le hasard et les névroses familiales font parfois bien les choses.

Combien y avait-il de chance pour que moi, Aurore Catel Le Duc, jeune artiste précaire travaillant essentiellement sur le fake et la copie me fasse plagier par un artiste mondialement connu travaillant lui aussi sur la copie et portant un nom si similaire au mien ?

J’ai donc décidé de crée mon propre compte Instagram MADE IN CATELLAND, copie fidèle du compte de mon plagiaire. J’ai refait, à ma manière, les 246 photos qui y figurent, copiant ainsi une copie.